Hymne à la beauté - Baudelaire




Bonjour à tous !

Je me promenais récemment sur la toile à la recherche d'un poème qui me parle, qui me donne de l'émotion, un joli poème à partager avec vous. Joli, pas seulement, je voulais goûter à un texte un peu particulier, et à la base, je souhaitais partager pourquoi pas les écrits d'un nouvel auteur, d'un personnage encore peu connu, même pas du tout. C'est raté pour ce coup-ci...

J'ai alors eu l'occasion de tomber sur bien des écrits, et si je m'écoutais, j'en partagerais volontiers plusieurs à la fois,  mais je dois bien avouer que parmi tous ces textes, je n'ai pas pu résister au plaisir que de publier celui-ci : l'Hymne à la Beauté, un texte divin à savourer sans modération, de Baudelaire.

Je vous souhaite à tous, une très belle journée.
Amis des mots, à bientôt !
Chloé



Hymne à la beauté

Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme,
Ô Beauté ! ton regard, infernal et divin,
Verse confusément le bienfait et le crime,
Et l'on peut pour cela te comparer au vin.

Tu contiens dans ton œil le couchant et l'aurore ;
Tu répands des parfums comme un soir orageux ;
Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore
Qui font le héros lâche et l'enfant courageux.

Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres ?
Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien ;
Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,
Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.

Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques ;
De tes bijoux l'Horreur n'est pas le moins charmant,
Et le Meurtre, parmi tes plus chères breloques,
Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.

L'éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,
Crépite, flambe et dit : Bénissons ce flambeau !
L'amoureux pantelant incliné sur sa belle
A l'air d'un moribond caressant son tombeau.

Que tu viennes du ciel ou de l'enfer, qu'importe,
Ô Beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu !
Si ton œil, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte
D'un Infini que j'aime et n'ai jamais connu ?

De Satan ou de Dieu, qu'importe ? Ange ou Sirène,
Qu'importe, si tu rends, - fée aux yeux de velours,
Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine ! -
L'univers moins hideux et les instants moins lourds ?



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